Prédisposition génétique au cancer du cerveau: la décapitation préventive continue de diviser les experts

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La célèbre actrice et réalisatrice Angelina Jolie a relancé le débat sur l’ablation des organes en lien avec les prédispositions génétiques au cancer. Une étude de son profil génétique avait en effet révélé qu’elle était porteuse d’une mutation dans le gène BRCA1 (BReast CAncer 1), indiquant un risque de 87% de souffrir d’un cancer du sein et de 50% d’être affectée par un cancer des ovaires. Ayant déjà perdu sa mère, sa grand-mère et sa tante à la suite d’un du cancer du sein, l’actrice avait alors décidé de se soumettre à une double mastectomie préventive (ablation des seins) puis à une ablation des ovaires et des trompes de Fallope.

Comme l’a indiqué Angelina Jolie lors d’une conférence de presse à Paris ce jeudi, une analyse plus poussée de son profil génétique aurait démontré que l’actrice serait également porteuse d’une mutation dominante dans le gène BRTU1 (BRain TUmor 1), qui lui conférerait une probabilité de près de 27,32% de souffrir d’une tumeur au cerveau. En conséquence, l’épouse de Brad Pitt aurait décidé de se soumettre à une nouvelle ablation préventive, cette fois-ci de la tête, pour éviter de souffrir de tumeurs cérébrales dans le futur.

Le Professeur Louis Sèze, conseiller génétique de l’actrice et directeur de l’Institut National Français de Décapitation Préventive et Thérapeutique (INFDPT) dans lequel l’opération aura lieu, a défendu la stratégie préventive choisie par Angelina Jolie. « Une ablation de la tête est une opération de routine, a indiqué le professeur Sèze, la France est un spécialiste historique de ce type d’intervention. En cas de prédisposition génétique à un cancer, le protocole de prévention est le même pour un sein, un ovaire ou une tête. De manière statistique, aucun patient ayant subi une décapitation préventive de la tête n’est mort d’un cancer du cerveau ».

Pour le Professeur Eugène Ehtic, responsable du Centre de Génétique Moléculaire et Chromosomique du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, la décapitation préventive devrait être préconisée avec modération : « même si la décapitation ne pose pas de problème technique majeur, cette intervention reste une opération chirurgicale, avec tous les risques liés à l’anesthésie ou à une erreur opératoire. De plus, l’acceptation sociétale des personnes décapitées reste un problème. Les nouvelles technologies ont certes permis de concevoir des prothèses de bonne qualité, mais une personne décapitée se reconnait comme les yeux au milieu de la figure, et l’entourage se sent forcément gêné. Pour moi un véritable débat sur la décapitation préventive se doit d’être lancé, pour les risques de cancer cérébraux comme pour la maladie d’Alzheimer. Je trouve d’ailleurs le slogan publicitaire de l’INFDPT concernant cette dernière maladie, « perdre la tête pour éviter de la perdre », d’un assez mauvais goût ».

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