Moins de morts sur la route des vacances : les écologues s’inquiètent pour la survie des charognards peuplant les bords des autoroutes

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La récente annonce par la sécurité routière d’une baisse du nombre de morts de 5% sur la route des vacances lors du premier week-end des départs par rapport à l’année dernière inquiète fortement la communauté scientifique. Cette réduction, si elle se poursuivait, pourrait en effet priver de nourriture et donc mettre en danger des dizaines d’espèces d’animaux charognards peuplant le bord des autoroutes.

« Grâce aux accidents de la circulation et à leur régulière augmentation due à la consommation d’alcool et à l’utilisation du téléphone au volant, les bordures d’autoroutes sont devenues des écosystèmes d’une richesse incroyable, a indiqué Nicolas Mulot, écologue et écologiste de renommée nationale. Les espèces de charognards nécrophages, qui se nourrissent de cadavres, s’y sont multipliées de manière exponentielle. Certaines espèces européennes comme le vautour chauve ont quitté les montagnes où elles s’alimentaient de cadavres de bouquetins pour coloniser les bords de routes. Certains autres rapaces endémiques ont changé leur alimentions pour devenir nécrophages. Enfin, plusieurs espèces de vautours africains et même des hyènes ont été observées le long des autoroutes du Sud de la France. Sans parler des corbeaux, des fourmis et des mouches pour lesquelles les cadavres d’automobilistes sont une source essentielle de nourriture. Nous devons tout faire pour conserver cette incroyable biodiversité ».

« Ce sont des exemples étonnants d’adaptation, qui nous procurent des informations importantes sur notre propre évolution, a poursuivi Mulot. Le fait que les jeunes meurent préférentiellement au volant est apprécié par les charognards, qui sont amateurs de viande tendre. Par contre, les motocyclistes, qui constituent une part importante des accidents de la route, ne sont pas idéaux pour ces espèces, car ils sont très souvent enfermés dans des vêtements protecteurs en cuir, sans parler du casque. Ils sont donc bien plus difficiles à décortiquer. Enfin, la consommation de cadavres imbibés d’alcool est un problème : plusieurs cas d’ébriété et même d’alcoolisme ont été recensés chez certaines espèces de vautours, qui peuvent bien entendu mener à des accidents en plein vol ».

« Il faut protéger les écosystèmes des bords d’autoroutes et ne pas mettre les espèces de charognards en danger, a enfin martelé Nicolas Mulot. Des mesures doivent être prises pour augmenter le nombre de cadavres sur les routes de France, particulièrement pendant les départs en vacances, qui constituent la période de reproduction de la plupart des charognards. Le gouvernement doit encourager la conduite en état d’ivresse et l’utilisation du téléphone portable et de la tablette au volant, supprimer les limitations de vitesse, autoriser la conduite sans permis, et inciter les motards à rouler en short et sans casque. Le maintien de la biodiversité de nos bordures d’autoroute est à ce prix ».

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