Vol MH370 de la Malaysia Airlines: l’ADN du flaperon retrouvé sur l’île de La Réunion est bien identique à celui de l’avion disparu

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La génomique française a permis de résoudre un des plus grands mystères de l’aviation civile.

La génomique en a amené la certitude : le flaperon retrouvé sur l’île de La Réunion appartient bien au vol MH370 de la Malaysia Airlines, le Boeing 777 disparu avec ses 239 passagers et membres d’équipage le 8 mars 2014. « L’apport des compétences françaises dans le domaine de l’analyse de l’ADN à grande échelle a été prépondérant pour acquérir cette certitude, a indiqué le Professeur Jean Wissenbock, directeur du Centre National Français de Génomique des Avions (CNFGA). Nous avons démontré que l’ADN du flaperon retrouvé sur l’île de La Réunion est bien identique à celui de l’avion du vol MH370, dont un échantillon prélevé avant la mise en service de l’appareil nous a été envoyé par la Malaysia Airlines. Nous sommes bien entendu désolé pour les parents des victimes, mais notre analyse démontre sans l’ombre d’un doute que l’avion s’est bien abimé dans l’Océan Indien ».

Comme l’a indiqué le Professeur Wissenbock, les scientifiques français ne se sont pas contentés d’effectuer comme souvent une analyse d’empreinte génétique de type « microsatellites », qui utilise le nombre variable de copies de séquences répétées pour différencier les profils génétiques individuels d’avions. Dans ce cas particulier, pour exclure la moindre d’erreur, c’est bien le génome complet du flaperon qui a été séquencé et comparé à l’ADN de référence du vol MH370. « Il n’y a aucun doute possible, a confirmé Weissenbock, pionnier de la génétique moléculaire des avions, la séquence des deux génomes est quasi-identique, cela ne peut en aucun cas être dû au hasard. Notre analyse démontre que nous avons bien séquencé le génome d’un flaperon du vol MH370 ».

Selon Wissenbock, les différences mineures décelées dans l’ADN du flaperon par rapport à celui de l’appareil de référence pourraient s’expliquer par le séjour prolongé du fragment d’aile dans l’eau, ou par les fréquents vols en altitude, qui sont connus pour induire des dimères de pyrimidines et des mutations somatiques dans l’ADN des avions par une surexposition aux rayonnements ultraviolets. « Je serai plus circonspect si nous avions dû analyser l’ADN de pneus ou de sièges d’avions, qui sont souvent changés et dont il est parfois difficile de retracer l’origine évolutive, a indiqué Wissenbock. Ces pièces peuvent même être échangées entre avions, un phénomène appelé transfert horizontal qui peut induire des erreurs d’identification. Le flaperon est plus rarement remplacé, c’est un organe de l’avion que nous utilisons souvent pour identifier les espèces d’avions et pour étudier les relations phylogénétiques entre les appareils. Il n’y a donc aucun doute sur nos conclusions ».

A noter néanmoins que les premières analyses avaient indiqué que le flaperon provenait non pas d’un avion mais d’un mollusque –une conclusion erronée due à une contamination par l’ADN des coquillages fixés au fragment d’aile.

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