Psychologie des mollusques bivalves : selon une étude de l’IFREMER, près de 80% des moules seraient claustrophobes

C’est une étude aux résultats édifiants dans le domaine très important de la psychologie des mollusques bivalves qui vient d’être publiée cette semaine par l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (IFREMER) dans la revue de référence The International Journal of Mollusk Psychology (IJMP). Alors qu’on aurait pu s’attendre à ce que les mollusques bivalves soient « habitués » au niveau évolutif à leur statut d’animaux enfermés, les résultats des chercheurs de l’IFREMER indiquent que, bien au contraire, la très grande majorité des moules seraient claustrophobes.

Mesure de l’hormone du bonheur chez les moules

Les biologistes ont combiné des méthodes relevant de l’éthologie et de la physiologie animale en utilisant deux espèces modèles de moules d’élevage, la moule commune Mytilus edulis, trouvée sur les côtes atlantiques, les côtes bretonnes, dans tout le nord de l’Europe et au Canada, et la moule méditerranéenne Mytilus galloprovincialis, rencontrée sur les côtes méditerranéennes, espagnoles, portugaises et atlantiques. Sur un suivi de plus de cinq ans, les chercheurs ont mesuré le niveau de production de sérotonine (5- hydroxytryptamine), appelée aussi hormone du bonheur, en fonction de la durée d’ouverture de la coquille des animaux.

La claustrophobie des moules : un paradoxe évolutif

« Les résultats sont clairs, a indiqué le docteur Eléonore Meussel, directrice de recherche à l’IFREMER et leader scientifique du projet. Nous avons entre-ouvert de manière modérée la coquille des moules sur des périodes plus ou moins courtes. A notre stupéfaction, nous avons observé dans près de 80% des cas une stimulation de la production de sérotonine quand le coquillage était ouvert. En résumé, on peut affirmer que les moules sont plus heureuses quand on entre-ouvre leur coquille, elles sont donc plutôt claustrophobes. C’est tout à fait étonnant pour un genre animal qui est apparu il y a au moins 420 millions d’années, et qui devrait donc être habitué à sa condition enfermée ».

Certaines moules sont-elles timides ?

Plusieurs questions restent encore en suspens. Cette observation étonnante est-elle généralisable à tous les mollusques à coquilles, bivalves ou non ? Est-elle restreinte aux espèces cultivées à l’intérieur du genre Mytilus ? Le contact avec les humains pourrait ainsi stimuler la curiosité des bivalves cultivés, et leur donner envie « de sortir de leur coquille », un comportement qui ne devrait donc pas être retrouvé chez les espèces sauvages. La question des 20% de moules qui préfèrent ne pas sortir de leur coquille est également un point intéressant. Certaines moules seraient sujettes à la timidité, et ne s’ouvriraient pas au monde extérieur même après la cuisson.

Le bonheur des moules : un enjeu pour la mytiliculture

Enfin, le bonheur des moules reste un facteur extrêmement important de productivité en mytiliculture (élevage des moules). L’IFREMER explore déjà plusieurs pistes pour améliorer le bien-être des moules à l’intérieur de leur coquille. Les sexes étant séparés chez la moule, les chercheurs ont essayé de rompre la solitude des animaux en enfermant un mâle et une femelle dans la même coquille. « Cela partait d’une bonne idée, a indiqué le Dr. Meussel, mais les résultats sont plutôt décevants. A court terme, nous avons bien observé une production de sérotonine. Mais très rapidement, elle a été remplacée par de l’adrénaline, qui est une hormone de stress ». On peut également envisager de faire déménager les moules dans une autre coquille, elles qui vivent dans la même pendant toute leur vie. « L’essentiel, conclut le Dr. Meussel avec humour, est de faire sortir les moules de leur train-train métro-bouchot-dodo ».

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Zoologie : découverte de la première espèce de mammifère placentaire capable de pondre des œufs

Une équipe de zoologistes du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris aurait effectué une découverte sensationnelle en ce week-end de Pâques : le premier exemple de mammifère placentaire capable de pondre des œufs. C’est ce qu’a rapporté ce lundi matin le professeur William Lacloche, directeur de l’Unité de Recherche en Zoologie lors d’une conférence de presse organisée au Muséum.

Le premier mammifère placentaire qui pond des œufs

C’est complètement par hasard, en jetant un coup d’œil au jardin de ses voisins en secouant ses couvertures, que le professeur Lacloche y a observé des œufs multicolores de tailles variées. « A ma connaissance, a indiqué Lacloche, aucune espèce animale connue ne dépose d’œufs aussi variés par leur aspect. J’ai donc immédiatement appelé mes collègues ornithologistes du Muséum pour qu’ils me donnent leur avis. Et nous n’étions pas au bout de nos surprises. En interrogeant les enfants présents dans le jardin, nous avons appris que ces œufs auraient été déposés par un lapin ! ». Une découverte sensationnelle, qui serait le premier cas décrit de réversion évolutive d’un mammifère placentaire vivipare vers la reproduction ovipare.

Les enfants humains comme prédateurs

Lacloche et ses collègues n’ont toujours pas pu observer un seul individu vivant de cette nouvelle espèce de lapin, qui a été baptisée Lapinus pascalus. Ils restent donc à l’affût. « Selon nos informations, la ponte n’est observée qu’une seule fois pendant l’année, pendant le week-end de Pâques, a indiqué le zoologiste. Et apparemment le phénomène observé n’est pas un cas isolé. Je dois avouer que le comportement des enfants de mes voisins nous a horrifiés : ils se sont jetés sur ces œufs pour les dévorer. Il semblerait que les jeunes Homo sapiens soient les prédateurs naturels des œufs de Lapinus pascalus. Nous avons donc, malgré les protestations véhémentes des enfants et de leurs parents, sécurisé les pontes, que nous avons placées dans un incubateur ». Des œufs qui seraient devenus très mous, mettant en doute leur capacité à aller jusqu’à l’éclosion.